Le stress est-il un ami ou un ennemi ?
Cela dépend de plusieurs paramètres... Car nous ne sommes pas tous égaux devant le stress. S'il en stimule certains, il peut en paralyser d'autres. Il faut tout d'abord savoir que le stress est avant tout une réaction physiologique de survie de notre corps. Alors quand devient-il nocif ? Pour mieux le comprendre, voici comment s'amorce la réaction de stress, telle que l'a décrite l'endocrinologue Hans Selye, le premier chercheur a avoir étudié le phénomène.
La phase d'alarme
Lorsque survient le stimulus (d'un ton exceptionnellement sévère, le patron vous demande à son bureau), il se produit alors une brève période de choc et l'organisme se met instinctivement en mode de mobilisation générale. Les glandes surrénales libèrent d'abord de l'adrénaline et d'autres hormones pour mettre le corps en état de réagir immédiatement ; grâce à ce mécanisme, les perceptions, la force musculaire et les réflexes sont temporairement décuplés (en l'occurrence, votre esprit fonctionne à 100 km/heure).
La phase de résistance
Après quelques minutes, plusieurs autres mécanismes se mettent en place - la hausse dans le sang du taux de cholestérol, d'acides gras, de sucre (glycémie) et des facteurs de coagulation, l'inhibition du fonctionnement des globules blancs etc. - et l'organisme libère de nouvelles hormones, dont l'endorphine, le cortisol, la dopamine et la sérotonine. Tout cela dans le but d'entreprendre les actions appropriées : courir trois kilomètres ou assommer le tigre (dans ce cas, vous êtes en mesure de réagir avec tous les arguments nécessaires à la colère de votre patron).
Normalement, ces deux premières phases sont bénéfiques ; on parle de "stress positif". D'une part, les réactions de stress agissent comme un stimulant pour l'organisme afin qu'il mobilise le maximum de ses ressources et réagisse à la situation. D'autre part, le simple fait de se mettre en mode actif rétablit l'équilibre des hormones dans le sang. Une fois l'événement réglé (votre patron est satisfait des explications et clôt le dossier), la réaction de détente s'enclenche et le corps ressent de la fatigue ; après une période de repos, l'organisme retourne à son métabolisme habituel.
Mais si la situation stressante dure trop longtemps, sans que la personne puisse la régler, ou si elle se reproduit trop souvent pour les capacités de la personne, ou encore si le système nerveux ne peut plus mettre fin à la phase de résistance (notamment chez les personnes anxieuses), l'organisme entre tôt ou tard dans une troisième phase : la phase d'épuisement.
La phase d'épuisement
Les mécanismes de réaction fonctionnent tout le temps "à plein régime" entraînant une déperdition d'éléments biochimiques ainsi que des désordres métaboliques et physiologiques ; on parle de "stress négatif ou sur-stress". L'organisme s'épuise, certains organes ou systèmes s'affaiblissent ou se relachent. Pour soulager les malaises dus au stress, plusieurs peuvent adopter des comportements de compensation : l'accroissement du tabagisme, l'alcoolisme, la dépendance aux drogues, l'excès de sommeil, de nourriture... De nouveaux problèmes apparaissent, ajoutant au poids du stress.
Recherche et rédaction : Lucie Dumoulin et Marie-Michèle Mantha

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